http://2021.festivalalterites.com du 17 au 20 mars 2022 Wed, 10 Mar 2021 10:06:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.8.7 http://2021.festivalalterites.com/wp-content/uploads/2019/11/cropped-favicon-32x32.png http://2021.festivalalterites.com 32 32 http://2021.festivalalterites.com/6611-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=6611-2 Fri, 22 Jan 2021 14:51:08 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=6611 Olivier Zuchuat est né en 1969 à Genève (Suisse). Il a étudié la physique théorique à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et à Trinity College (Dublin). Il a également fait des études de lettres à l’Université de Lausanne (Littérature Française et Philosophie). En 1996-1997, il devient assistant à l’Université de Lausanne.
Au théâtre, il met en scène plusieurs textes de Bertolt Brecht et Heiner Müller (dont Prométhée et Ciment) et travaille comme dramaturge. En 1999-2000, il a été l’un des assistants de Matthias Langhoff.
Depuis 2000, il a réalisé les long-métrages documentaires Djourou une corde à ton couAu loin des villages et Commes des lions de pierre à l’entrée de la nuit, sortis dans les salles de cinéma. Il a également réalisé des moyens métrages pour la télévision.
De 2006 à 2011, il est chargé de cours en cinéma à l’Université de Paris-Est Marne la Vallée. Depuis 2010, il enseigne en tant qu’intervenant à La Femis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son – Paris). En 2015-2017, il est professeur à la HEAD-Genève (Département Cinéma/cinéma du réel).
Outre les films qu’il a réalisé, il a monté une dizaine de longs-métrages, essentiellement documentaires et contribué au montage de fictions ou d’installations-vidéos.

(source : site de l’auteur)

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Brise-lames de Hélène Robert et Jérémy Perrin http://2021.festivalalterites.com/brise-lames-de-helene-robert-et-jeremy-perrin/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=brise-lames-de-helene-robert-et-jeremy-perrin Wed, 15 Jan 2020 16:44:22 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2631 Mardi 10 Mars 2020 – 20h45 – Cinéma LUX

Japon, France | 2019 | 68mn | Vostfr | Hélène Robert et Jérémy Perrin

En mars 2011, un tsunami sans précédent frappe le Japon : 20 000 morts et une terre dévastée. Des profondeurs de la mer, les disparus reviennent hanter les vivants. Alors que se dresse un mur titanesque, un brise-lames contre la grande vague, des histoires de fantômes et de revenants se propagent le long de côte japonaise. Le paysage de la reconstruction devient ce monde intermédiaire où le visible et l’invisible se confondent. Avec le soutien de la Région Normandie en partenariat avec le CNC et en association avec Normandie Images.

  • 2019 : Images en bibliothèques – Paris (France) – Film soutenu par la Commission nationale de sélection des médiathèques
  • 2019 : Traces de Vies – Clermont-Ferrand (France) – Compétition
  • 2019 : Festival Interférences – Cinéma Documentaire & Débat public – Lyon (France) – Sélection
  • 2019 : FIFIG – Festival International du Film Insulaire de Groix – Île de Groix (France) – Coup de cœur
  • 2019 : Cinéma du réel – Paris (France) – Compétition française Longs métrages
 
22h00 Rencontre avec Hélène Robert et Jeremy Perrin
logoNormandieImages

Projection proposée en avant première par Normandie Images, en partenariat avec le Festival Altérités
Tarifs habituels du Cinéma LUX

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Ceres de Janet van den Brand http://2021.festivalalterites.com/ceres-de-janet-van-den-brand/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ceres-de-janet-van-den-brand Tue, 14 Jan 2020 15:02:11 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2356 Jeudi 12 Mars 2020 – 14h00 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville

Belgique | 2018 | 73 mn | Vostfr | Janet Van Den Brand

Dans la mythologie latine, Ceres apprit aux hommes l’art de cultiver la terre. Considérée comme la déesse de l’agriculture, de la fertilité et des moissons, les Romains lui sacrifiaient volontiers des porcs, au cours de processions annuelles autour des champs. C’est précisément par un Hymne à Ceres – composé au XIe siècle – et l’image d’un porcelet tout juste né, que Janet van den Brand débute le film dans lequel elle va parcourir, avec une caméra tactile, en compagnie de ses protagonistes, le cycle naturel de la vie – et de la mort – dans les fermes du sud des Pays-Bas. Koen, Daan, Sven et Jeanine se destinent, en effet, à reprendre, un jour, l’exploitation familiale : du haut de leurs dix ans, ils doivent mobiliser tous leurs sens pour toucher, sentir, écouter et comprendre un environnement qu’ils transformeront, à leur tour, dans un futur proche. Venue de la fiction, la jeune cinéaste belge compose avec Ceres, une ode documentaire fictionnelle dédiée à ceux qui rêvent encore, comme seuls les enfants peuvent le faire, à l’art ancestral de produire les nourritures terrestres. (Emmanuel Chicon)

  • 2018 : Docville – Leuven (Belgique) – Sélection
  • 2018 : Hot Docs – Canadian International Documentary Festival – Toronto (Canada) – Sélection
  • 2018 : Festival international du film de Berlin – Berlinale – Berlin (Allemagne) – Generation K
  • 2018 : Festival International Jean Rouch – Voir autrement le monde – Paris (France) – Compétition internationale
  • 2018 : Visions du Réel – Nyon (Suisse) – Projections spéciales
 

Ces critiques ont été réalisées lors d’un travail d’analyse des étudiants de l’INSPE de Caen en seconde année de Master « médiation culturelle – enseignement », destinée à la formation de futurs médiateurs culturels spécialisés dans les publics scolaires, au sein de l’enseignement : « Altérité et Médiation », dispensé par Magali Jeannin.

Après un temps de rencontre avec l’équipe du festival pour parler de la démarche de l’ethnologue, les étudiants ont étudié deux des films programmés en relation avec le monde de l’enfance. Ils y ont apporté leur analyse, mêlant leur regard professionnel de la culture et leur point de vue personnel. De longues conversations et un travail d’équipe ont abouti à ce résultat :

Angelina Kudryavtseva

Ceres de Janet Van Den Brand est un film qui raconte une biographie narrativisée de 4 enfants qui travaillent à la ferme de leurs parents depuis leur plus jeune âge, y consacrant la majeure partie de leur vie. Au tout début, le titre du film renvoie à l’ancienne déesse latine de l’agriculture, qui, selon la légende, a enseigné aux gens à cultiver la terre. C’est cette référence qui permet au spectateur de prédire le thème du film : l’agriculture, le travail agricole et une société de personnes étroitement associées à la culture de la terre et à l’élevage d’animaux.

En regardant le film, le spectateur a l’opportunité de se plonger dans un nouveau monde et de voir le quotidien des agriculteurs de l’intérieur à travers les yeux de 4 enfants de dix ans. La vie des personnages principaux – Koen, Daan, Sven et Jeanine – tourne autour de l’agriculture, depuis leur plus jeune âge, ils font partie de cette culture, de cette société. Les spectateurs apprennent peu sur les intérêts extérieurs des enfants : même leurs loisirs sont parfois associés à l’agriculture (par exemple, les jeux avec des tracteurs jouets, les jeux vidéo sur des thèmes similaires). De plus, dans le film, leur cercle social est assez limité, l’auteur du film ne se concentre pas sur la relation entre les personnages principaux et les camarades de classe, les enseignants, mais sur la relation de l’enfant avec les parents et la relation des personnages entre eux. Cela donne un sentiment de fermeture et de complexité de la société : on peut observer un lien étroit entre les générations, où les enfants interagissent plus avec les parents qu’avec leurs pairs, qui parfois ne sont pas en mesure de comprendre leurs aspirations et leurs désirs. Les personnages principaux se sentent dans une certaine mesure un peu différents, pas comme leurs camarades. Cela est visible dans par les mots d’un des garçons : «Je suis le seul parmi mes amis à vouloir être agriculteur <…> Je suis normal, comme les autres», – il se rend compte qu’il ressemble à ses camarades de classe et amis, il est «normal», comme il le prétend lui-même. Cependant, il se sépare des autres, disant que ses hobbies ne sont pas les intérêts traditionnels de ses amis.

Il est également intéressant de noter que dans cette société, contrairement à la plupart des autres, la vie des hommes et des femmes – et en l’occurrence des garçons et des filles – n’est pas très différente. Souvent, les femmes ont les mêmes intérêts que les hommes (par exemple, dans un film, les spectateurs voient comment les enfants assistent tous à une exposition de tracteurs, admirant de nouvelles voitures), les filles effectuent le même travail que les garçons, quelle que soit sa diFFIculté. Les relations entre parents et enfants font l’objet d’une attention particulière. Ici, les parents des personnages principaux agissent en tant que mentors, enseignants, ils transmettent l’expérience à la future génération d’agriculteurs. Les enfants, dès leur plus jeune âge, travaillent côte à côte avec leurs mères et leurs pères apprennent les bases de leur futur métier et intègrent la dimension professionnelle : ils connaissent déjà certains aspects économiques et météorologiques de leur travail (par exemple, un garçon soutient que les pommes ne doivent pas être abîmées sinon elles ne pourront pas être vendues), ils savent contrôler les équipements et effectuer une partie du travail de manière autonome. On n’observe pas ici de rupture de génération, caractéristique de certaines sociétés, au contraire, la connexion des générations est très étroite.

Le travail à la ferme suit son cours, les saisons se succèdent, formant un schéma cyclique. Mais en même temps, lorsque les enfants s’impliquent dans le travail, la culture de plantes et l’élevage d’animaux, ils sont confrontés non seulement au concept de « vie », mais aussi au concept de « mort ». L’idée de la connexion de ces deux concepts traverse tout le documentaire, depuis le début de Ceres (la naissance d’un porc) et sa fin (la mort des porcs), qui montre également la nature cyclique du film. Malgré le fait que dans la vie de tous les jours, les gens essaient soit de mettre les enfants à l’abri d’une connaissance précoce du phénomène de la mort, soit d’en parler sous une forme plus douce, sans mentionner toutes ses horreurs, dans la société des agriculteurs qui tuent des animaux pour la viande est tout à fait normal, y compris pour la plupart des personnages principaux. « Ça fait partie de la nature », « ça fait partie du métier » – disent les enfants, confirmant cette idée. Les animaux jouent un rôle important dans la vie des petits agriculteurs et leur mort fait partie intégrante de la vie des héros, malgré le fait qu’ils n’aiment parfois pas les tuer.

La relation entre l’élevage d’animaux et leur mort, ainsi que le fait de tuer des animaux est montré à l’aide de divers effets de caméra. Par exemple, dans le film, nous pouvons observer l’effet Koulechov – lors du montage au cinéma, l’émergence d’un nouveau sens à partir de la comparaison de deux images placées côte à côte. Ainsi, un cadre avec un porc est remplacé par un cadre avec un morceau de viande, entre lesquels le spectateur établit un parallèle, les comparant et trouvant un message sous-jacent : les porcs sont élevés pour la viande dans une ferme, et il est impossible d’obtenir de la viande sans tuer d’animaux.

Il convient de noter le travail étonnant de la caméra dans ce film. Le spectateur a l’occasion d’admirer le spectacle de la nature, ce qui permet de s’immerger dans l’atmosphère de la vie des agriculteurs. Cependant, parfois ces paysages paisibles sont remplacés par des scènes de meurtres cruels, nous renvoyant à nouveau au lien de la vie et de la mort, en lien les uns avec les autres. De plus, la réalisatrice utilise une caméra subjective pour montrer la vie des agriculteurs de l’intérieur. Souvent, elle est derrière le protagoniste, invitant le spectateur à le suivre, à vivre un petit morceau de vie avec lui. Un grand nombre de gros plans, qui se concentrent sur les yeux des héros, transmettant leurs sentiments et sur leurs mains, indiquant un lien étroit avec la terre, sa culture et les animaux, nous permettent de ressentir et de comprendre les émotions du héros. De plus, l’utilisation de la photographie amateur dans un film permet également de voir la vie d’une société donnée avec les yeux de l’enfant.

Malgré le fait que le film représente une culture légèrement différente, vivant selon ses propres règles et traditions, ce qui peut parfois troubler ou susciter la réflexion, il le révèle assez pleinement, ce qui fait sa force et qui m’intéresse personnellement. C’est une excellente occasion de découvrir une nouvelle expérience, différente de la vôtre, de connaître la vie de personnes qui ont consacré leur vie à l’agriculture dès leur plus jeune âge. Ceres montre non seulement la vie à travers les yeux des enfants, mais vous fait aussi vous poser des questions sur divers sujets : quelle est notre attitude personnelle face à la mise à mort des animaux pour la viande ? Les enfants eux-mêmes sont-ils heureux dans l’agriculture dès leur plus jeune âge ? Voudraient-ils changer leur vie à l’avenir, ou les héros ne se voient-ils pas en dehors de l’agriculture ? En tout cas, au-delà des réponses à ces questions, le film montre que nous sommes tous différents, chacun avec ses propres valeurs et règles de conduite, traditions et vie. Mais malgré cela, nous vivons tous dans un seul monde et devons accepter les autres et être plus tolérants à leur égard, en appréciant leur culture et leur mode de vie. C’est le chemin vers une existence paisible.

Angelina Kudryavtseva
Angelina Kudryavtseva

 

Océane Himen et Lucie Jouvin

Ce film, toutefois, amène le spectateur à se poser certaines questions éthiques concernant la place de l’enfant dans le monde de l’agriculture.

Premièrement, quelle est la proportion de l’aide qu’il apporte à ses parents ? Cérès semble nous faire comprendre que les enfants d’agriculteurs sont “à part”. Ils expriment le besoin de sortir la tête de cet univers tandis que même leurs jeux et certaines de leurs activités externes tournent autour de la ferme. Certains ne reçoivent que rarement leurs amis car l’aide prodiguée aux parents dans leurs fonctions leur prend leur temps extra-scolaire, ce qui n’est pas pour les aider à se divertir et à créer du lien social avec d’autres élèves. Tandis qu’une partie des enfants veut impérativement reprendre l’activité familiale, d’autres s’interrogent sur les autres métiers qui s’ouvrent à eux en ayant toutefois l’impression de ne rien connaître d’autre que la ferme. Enfin, certains affirment que le travail à la ferme ne leur plaît pas, mais ils sont tout de même sollicités sur leur temps personnel pour effectuer des tâches. Ainsi, nous pourrions nous demander si ce qu’effectuent ces enfants est bien une simple aide ou du travail “gratuit”. Certains parents, n’abusent-ils pas quelque peu ? Comment contrôler cela ? Certes, travailler à la ferme permet d’obtenir une certaine éducation non négligeable qui n’est pas prodiguée à l’école, mais à quel prix ? Bien que ce modèle, de l’enfant qui aide ses parents à la ferme, soit ancien, ne mérite-t-il pas d’évoluer au bénéfice des enfants ?

Enfin, le lien entre l’enfant et l’animal est particulier. Tandis que certains acceptent pleinement l’idée de décapiter puis de dépecer un poulet, d’autres, plus sensibles, s’attachent au bétail et souffrent de les voir partir pour l’abattoir. le film met en relief cette relation enfant-animal qui se crée et qui est particulière. L’enchaînement des plans de complicité entre les deux espèces et ceux montrant ces mêmes animaux en sang et/ou morts est révélateur de la violence de la réalité. Nous pouvons nous demander si ce type de situation est sain pour un enfant, qui se forme psychologiquement, sensiblement, et qui acquiert certaines valeurs ? Encore une fois, où placer les limites ?

 

Audrey Lecouey – Natacha Droulin – Lucie Chadin

Janet Van Den Brand nous propose à travers son documentaire Cérès (déesse de l’agriculture, des moissons et de la fertilité) de prendre conscience de la complexité du métier d’agriculteur, mais également de se questionner à travers un regard sensible et poétique sur la génération des paysans de demain. Les enfants sont confrontés à leur avenir. Ils sont d’ailleurs au centre du film. Ils ont la parole.

Une relation presque fusionnelle transparaît entre les enfants et les animaux et ce, tout au long du documentaire. Certains d’entre eux préfèrent parler avec les animaux plutôt qu’avec des humains.

Le paradoxe de la vie et de la mort est un élément central. L’exemple des cochons l’illustre parfaitement : assister à la naissance, grandir avec eux, les tuer, manger de la viande. Cela montre la dure réalité qui est liée au métier d’agriculteur. Ce long-métrage, poignant, montre que les enfants peuvent s’attacher aux animaux tout en ayant le recul de se dire que cela fait partie du métier. «Si on n’est pas capable de se séparer de ses animaux, on ne peut pas être fermier.» Les enfants ont une réelle prise de conscience du métier. Le choix de la réalisatrice d’assister à ces scènes qui sont dures et de les garder au montage témoigne de ce que vivent et voient les enfants. Cette prise de conscience est le cas pour tous les corps de métier comme les céréaliers et les horticulteurs qui voient leurs cultures en danger à cause d’événements climatiques, météorologiques mais aussi économiques avec la standardisation du marché.

Une autre problématique est mise en avant: la représentation de la femme. Dans le milieu agricole, la coquetterie n’est pas vraiment attendue. En effet, le stéréotype tend à dire que la boue, la saleté sont de rigueur. En choisissant de nous proposer le portrait d’une fillette, un contre stéréotype émerge. Même si elle a les mains dans la terre, cela ne l’empêche pas de prendre soin d’elle. Elle se maquille et tient beaucoup à vernir ses ongles. Cette prise de position met l’accent sur la lutte des préjugés et permet de montrer qu’il est possible de concilier le travail et sa vie de femme.

Le spectateur voit comme les enfants, ils ne sont pas épargnés, alors nous non plus. On adopte ainsi leur point de vue. Les effets sensoriels ne nous laissent pas de marbre. Nous, spectateurs, vivons en même temps et les mêmes choses que les enfants.

La réalisatrice laisse une grande place au son. Dès le début, avec la naissance des cochons, nous sommes avec eux dans le box. Nous participons presque (parfois contre notre gré), nous ne sommes plus de simples spectateurs. Encore une fois, nous sommes placés dans le coeur de son sujet et à hauteur de ces enfants.

L’espace social de la ruralité est le fil rouge. En effet, il s’agit d’un espace particulier où tout le quotidien se rapporte à l’agriculture. Tout d’abord, les tenues vestimentaires permettent tout de suite de repérer dans quel milieu nous nous trouvons : bottes en caoutchouc et cottes de travail. Les enfants ont également des loisirs comme les jeux vidéo. Le thème n’est pas étonnant puisqu’il s’agit de jeux sur l’agriculture. Ainsi, même en dehors des travaux de la ferme, la simulation de la vie réelle est faite à travers les jeux vidéo. Lorsque la télévision est regardée, ce n’est pas pour réellement se divertir. Les documentaires visionnés traitent de sujets agricoles, comme les engins (les tracteurs par exemple). Cela permet à l’enfant d’apprendre de nouvelles choses tout en s’octroyant un moment de détente.

Ces enfants possèdent également des jouets dans leurs chambres. Or les tracteurs remplacent les voitures. La différence entre les enfants d’agriculteurs et les autres enfants c’est la vision des choses. Les enfants d’agriculteurs parlent des tracteurs comme les autres enfants le feraient à propos des voitures. Lors de sorties hors de la ferme, le milieu agricole est toujours omniprésent. En effet, la plupart de ces sorties sont consacrées à des compétitions de tracteurs.

Ce documentaire permet de démontrer que le milieu agricole est un milieu particulier où toutes les choses du quotidien sont sensiblement en rapport, de près ou de loin à l’agriculture. Mais le temps laissé au jeu n’a pas un volume aussi important que le temps de travail. Le divertissement n’occupe pas une place importante dans la vie de ses paysans. Les soucis (climatiques, météorologiques, économiques), la santé des bêtes, le matériel agricole sont des réalités chronophages et quotidiennes et ne laissent que peu de place aux loisirs. Quelle rupture y a-t-il entre leur temps de travail est le temps libre? Et est-ce que ce temps libre leur est accordé?

La question de l’école se pose dans ce documentaire. En effet, l’âge des enfants signifie une présence assidue à l’école. On peut ainsi constater que les enfants vont à l’école, cependant, cela semble être quelque chose de mineur dans leur vie. Le travail à la ferme est plus important que l’école et ce qu’ils y font. D’ailleurs ces temps scolaires ne concernent qu’un temps limité dans le documentaire. Lorsque les enfants évoquent leur vie, l’école apparaît très peu, il est d’ailleurs intéressant de noter que les témoignages font référence au travail à la ferme après l’école mais jamais aux devoirs. Même si les enfants vont à l’école, il y a tout de même un sentiment d’école buissonnière dans ce film, en effet, les enfants apprennent de nombreuses choses en dehors de l’école, au sein même des exploitations. En outre, au moment où on voit Sven à l’école, il est en cours de géométrie et la voix du professeur s’efface au profit de celle de Sven et certainement de celle de son père qui discutent des poires. La manière dont cette 9scène est montée montre alors que malgré sa présence à l’école, son esprit est ailleurs, il est toujours dans l’exploitation. Ainsi, même en étant à l’école, les enfants ne quittent jamais vraiment leurs préoccupations premières qui sont liées à la ferme. Cela renforce l’impression d’école buissonnière, en effet, les enfants souhaitent apprendre, mais ils s’intéressent à des savoirs différents dont le mode de transmission est lui aussi différent.

Ainsi, cela ne signifie nullement le manque de volonté d’apprentissage de la part des enfants, en revanche, ce qu’ils souhaitent apprendre ne se situe pas du côté de l’école. Leur but étant d’apprendre le métier d’agriculteur, les apprentissages se font directement à la ferme, aux côtés de leurs parents. Dès lors, dans le monde de l’agriculture tel qu’il est montré dans ce documentaire, la transmission se fait essentiellement par les parents. En effet, on peut voir à travers différentes scènes le rôle capital que jouent les parents dans l’apprentissage du métier. La transmission ici se fait à travers le regard, l’observation. La réalisatrice prend le temps d’identifier chaque enfant à travers un montage de gros plans. On apprend en regardant. Pas la peine de discuter, expliquer, répéter. On va à l’essentiel en regardant. On observe, on se concentre et puis on exécute. Un des enfants dit «j’ai presque tout appris de mon père», en effet, on assiste à différentes scènes montrant l’enfant dans une situation d’apprentissage avec les parents. Ce qui ressort de ces scènes c’est l’idée de l’expérience sensible, les enfants participent à toutes les étapes et ils font, ils ne sont pas simples spectateurs. Ce sont des métiers où le sensible est prédominant comme en témoignent les multiples gros plans sur les mains. On manipule, on tâte, on caresse. Autant de gestes brusques que de tendresse qui pointent toute la complexité de ce microcosme qui oscille entre réelle passion et dureté de la réalité, qu’elle soit humaine, économique ou climatique. Les enfants réalisent des gestes professionnels. Ils répètent déjà des gestes et reproduisent des manipulations techniques. Ils tiennent une place affirmée au sein de la ferme, ils ont des responsabilités. Nous pouvons nous étonner de ce rôle professionnel précoce que tiennent ces enfants, malgré leur jeune âge.

D’ailleurs cette idée de transmission apparaît également dans le fait que les enfants reprennent l’exploitation de leurs parents, ils se préparent à devenir agriculteur certes, mais bien pour succéder à leurs parents qui eux-mêmes ont repris l’exploitation familiale. Il s’agit donc d’un espace social dans lequel tout est affaire d’héritage, sur le plan matériel comme sur le plan des savoirs. Les plans larges qui composent le film témoignent de la force de cette terre qui est chère à ses paysans : témoignage d’un héritage générationnel qui pourrait être mis à mal avec les générations à venir. La réalisatrice nous dévoile d’ailleurs avec pudeur et justesse la fragilité de ce métier de passion. Et l’image et le fil rouge du film ne sont pas parasités par des mouvements de caméra. On regarde, on admire les agriculteurs qui évoluent dans leur espace propre sous nos yeux.

Ce documentaire permet également de montrer les rapports qu’entretiennent les enfants avec ceux qui ne sont pas issus du monde agricole. Lorsque Sven évoque ses amis, il précise qu’il est «le seul à vouloir être agriculteur» ce qui signifie d’abord qu’il a bien des amis en dehors de ce milieu-là et qu’il n’y a donc pas une coupure totale entre lui et les autres. Mais ce qui nous semble intéressant à retenir, c’est le fait qu’il dise ensuite que ça ne se voit pas car il est «normal, comme les autres». Cette phrase tend à donner l’impression qu’il y a tout de même une différence entre lui et les autres. Comme si “être normal” c’était être comme ceux qui ne font pas partie du milieu agricole. Cette idée renforce alors l’impression que ce milieu est un milieu à part, différent des autres. Les plans tournés hors de la ferme attestent de cette différence. L’enfant filmé dans la cour de récréation ou dans la classe se détache d’un arrière-plan flou. Les enfants paysans ne se mélangent pas complètement avec les autres élèves.

De plus, comme l’évoque un autre enfant, il peut arriver que des amis viennent jouer chez lui après l’école, mais cela est rare, le plus souvent il va travailler sur l’exploitation. Même si les enfants ont donc des amis extérieurs à ce milieu, il semble tout de même ressortir l’idée que les deux mondes ne se mélangent pas beaucoup. Ainsi, Sven précise qu’il ne parle jamais de sa vie agricole avec ses amis de l’école car cela ne les intéresse pas, ce qui signifie qu’il ne peut certainement pas être tout à fait lui avec eux. Par contre, alors qu’on voit que les loisirs de la petite fille sont essentiellement liés au monde agricole, lorsqu’elle se trouve dans la cour de récréation de l’école, elle joue aux mêmes jeux que les autres. L’école et le jeu apparaissent donc ici comme des moyens de se rassembler, peu importe le milieu dans lequel on vit. Bien qu’une amitié existe au sein de l’école, on peut constater qu’il n’y a pas de mélange entre les deux mondes. Il y a la vie à l’école d’un côté et la vie à la ferme de l’autre.

Le film nous donne à voir une journée, un mois, une année de vie d’agriculteur. Il s’ouvre sur la naissance de porcelet et se clos sur la mort des cochons, à l’abbatoir. La manière cyclique dont est monté le film imite, illustre la vie de ces jeunes agriculteurs et le regard qu’ils portent sur ce métier, la vie qu’ils auront à mener, chaque jour. Ce corps social à part filmé dans ce documentaire met en lumière les questionnements quant à la relève et à l’avenir de ce métier dont le contexte actuel le place dans une situation de crise.

La réalisatrice choisit de ne pas nous laisser de marbre, quitte à être choqué, à être ému. Plusieurs scènes peuvent être diFFIciles à regarder pour certains spectateurs, en effet, différentes images montrent une réalité à laquelle tout le monde ne souhaite pas assister. Nous pensons notamment à la fin du film, où le spectateur est tiraillé entre l’espoir qu’a l’enfant d’un paradis pour les cochons et la réalité de l’abattoir.

Malgré tout cela, les diFFIcultés et les incertitudes, l’envie de faire ce métier est très présente chez ces enfants. Tous espèrent parvenir à en vivre, que ce soit chez eux ou ailleurs.

Natacha Droulin
Lucie Chardin
Audrey Lecouey
15h15 : Rencontre avec Romain Simenel, anthropologue. Le rôle des plantes et des animaux dans l’apprentissage culturel des enfants.
16h15 : Présentation d’une initiative locale « Les Graines de deux’main » .
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Une idée de la mer de Nina de Vroome http://2021.festivalalterites.com/une-idee-de-la-mer-de-nina-de-vroome/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=une-idee-de-la-mer-de-nina-de-vroome Mon, 13 Jan 2020 16:35:44 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2384 Jeudi 12 Mars 2020 – 16h40 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville

Belgique | 2016 | 61 mn | Vostfr | Nina De Vroome

Lors de sa création au début du XXe siècle, l’école maritime IBIS avait pour vocation d’accueillir les orphelins qui avaient perdu leur père en mer, leur offrir un foyer et une formation maritime. Aujourd’hui, c’est un internat où vivent une centaine de garçons âgés de 6 à 16 ans qui y apprennent les réalités bien modernes du métier de marin-pêcheur. Dans A Sea Change, bien que la mer semble avoir été « maîtrisée » et pillée à grand renfort de technologies, la vie de ces gamins nous est contée avec un charme suranné. Leurs jeux de lampes de poches dans l’obscurité des dortoirs silencieux, les chorégraphies aquatiques surgissant en pleine mer et les costumes amidonnés des mousses, nous renvoient à d’autres temps avec nostalgie. Parfois le film lui même, derrière ses allures très contemporaines d’imagier de la mer emplie de trouvailles formelles, joue avec les aspects classiques et néanmoins datés du documentaire. Plongés dans le quotidien des enfants, dont l’avenir est tracé sur des cartes maritimes numériques et pisté au sonar, nous renouons alors avec l’imaginaire que porte cette immensité inquiétante entre ses eaux. (Madeline Robert)

  • 2017 : Images en bibliothèques – Paris (France) – Film soutenu par la Commission nationale de sélection des médiathèques
  • 2017 : Filmer à tout prix – Bruxelles (Belgique) – Compétition longs métrages belges
  • 2017 : Festival International Jean Rouch – Voir autrement le monde – Paris (France) – Prix du Patrimoine culturel immatériel
  • 2016 : Visions du Réel – Nyon (Suisse) – Sélection Regard Neuf

Ces critiques ont été réalisées lors d’un travail d’analyse des étudiants de l’INSPE de Caen en seconde année de Master « médiation culturelle – enseignement », destinée à la formation de futurs médiateurs culturels spécialisés dans les publics scolaires, au sein de l’enseignement : « Altérité et Médiation », dispensé par Magali Jeannin.

Après un temps de rencontre avec l’équipe du festival pour parler de la démarche de l’ethnologue, les étudiants ont étudié deux des films programmés en relation avec le monde de l’enfance. Ils y ont apporté leur analyse, mêlant leur regard professionnel de la culture et leur point de vue personnel. De longues conversations et un travail d’équipe ont abouti à ce résultat :

Axel Martin et Jérémie Damamme

La mer, royaume des pêcheurs et des aventuriers marins. Source de vie mais aussi de malheur, ces derniers affrontent une nature incontrôlable. Magnifique et paisible, la mer incarne la sérénité, le calme plat. Puis lorsque les nuages arrivent et passent du blanc au gris sombre, la mer se transforme en un véritable chaos. Durant des siècles, l’Histoire des arts souligne l’importance des productions littéraires, picturales et visuelles sur le monde marin, où les descriptions de ce vaste espace s’entremêlent avec une poésie lyrique. L’œuvre de la cinéaste Nina De Vroome, Une idée de la mer (2016), s’inscrit dans cette perspective (le titre du film fait écho à la description d’un tableau relatant la dif ficile traversée d’un navire sur des vagues déchaînées) mais dépasse l’aspect esthétique tant par les plans cinématographiques que par la parole. En effet, l’aspect social et le discours porté sur l’avenir de la pêche et plus largement de l’écosystème marin planent tout au long du film, bien qu’ils s’immiscent discrètement, par petite bribe, dans la découverte de cette école . Seule voix féminine dans le film, elle prend la parole pour décrire des situations comme le ferait un auteur. De manière ponctuelle, sa voix agit en guise d’ouverture à de nouveaux chapitres ; le montage des plans donne le rythme à son œuvre.
L’aspect premier de ce documentaire est de nous montrer un univers marin, plus particulièrement, celui des mousses, des jeunes garçons de l’école Ibis, située à Ostende (Belgique). Cette école, rattachée à la marine belge instruit et prépare les mousses à devenir des matelots. Nina De Vroome nous fait découvrir le quotidien de ces jeunes recrues. Entre école et action sur le terrain, ces derniers entrent dans un monde bien défini. Mais contre toute attente, là où on pourrait s’attendre à une présentation lisse et convenue, la cinéaste nous montre un monde humain, sensible. Ces jeunes mousses s’expriment avec délicatesse. Preuve en est, les écrits de leurs prédécesseurs sur les différentes journées passées en mer. Ces carnets de bord nous apprennent beaucoup plus que la situation décrite ; on apprend l’observation de la mer, leurs inquiétudes, l’intimité des sentiments. Ces écrits (les plus anciens datant de 1943) soulignent l’esprit du marin en lien avec son environnement, loin des stéréotypes. Par des plans panoramiques, rapprochés, Nina De Vroome accompagne les activités quotidiennes de ces jeunes mousses : salut au drapeau, exercice de navigations, étude de cartes maritimes, pêche à bord d’un chalutier, sauvetage en mer, etc. Tous ces exercices, en particulier ceux en mer, sont filmés caméra à l’épaule permettant d’accentuer l’authenticité de la scène. Ainsi, les spectateurs ont la sensation d’être sur le navire et de provoquer chez certains la nausée suite au remous du navire fracassant les vagues. Le son d’ambiance contribue lui aussi à créer cet univers, si bien que le film présente une double filiation. D’une part, celle du monde des artistes car De Vroome, par sa poésie filmique, s’inscrit dans la continuité des peintres ayant mis en scène la mer et son monde, et d’autre part un attachement propre à l’univers qu’elle dépeint ; ce sont les témoignages oraux et la façon d’apprendre aux plus jeunes les gestes à suivre et à ne pas faire lorsqu’on s’apprête à voyager en mer. C’est pourquoi l’univers de la pêche est si caractéristique : on assiste à un vrai partage entre les individus, un esprit de corps.
Autre sujet sous-jacent au film, l’avenir de la pêche, un sujet houleux pour les pêcheurs qui devient par voie de conséquence le problème de tous les citoyens. Comme le souligne leur professeur, les mousses savent que la pêche est devenue trop industrielle, massive, répondant à une production qui en demande toujours plus : « la pêche devient trop importante, la mer trop petite » dit le professeur. Un siècle à peine, les pêcheurs étaient les « chasseurs des mers ». Aujourd’hui, les pratiques de la pêche devenant performante suite aux évolutions techniques, répondant à des contraintes économiques difficiles à suivre, on attrape plus de poissons qu’auparavant, de sorte que les espèces n’ont plus le temps de se reproduire. Les filets de pêche sont très grands et n’englobent plus les poissons mais aussi d’autres espèces marines ainsi que des déchets humains. On constate que l’avenir de la pêche est incertain suite à un modèle économique menaçant à la fois la faune et la flore mais aussi l’Homme, artisan de sa propre fin. Pendant un instant, la cinéaste montre aussi les discussions entre les « vieux loups de mer », les vétérans du métier. Autrefois ces derniers avaient plus de liberté, mais celles-ci disparaissent à coup de dispositif bureaucratique, une situation paradoxale quand ces restrictions servent à limiter les dégâts causés par l’écosystème. On pourrait ainsi terminer par les mots d’un pêcheur : « Qui commande ? Le capital ou la nature ? ».

Damamme
Jérémie Damamme

Océane Himen et Lucie Jouvin

Une idée de la mer (Een idee van de see) est un film documentaire de Nina de Vroome, sorti en 2016, présentant la vie des futurs marins-pêcheurs à l’internat IBIS en Belgique. Cette école, fondée au début du XXe siècle, accueillait traditionnellement les orphelins ayant perdu leur père en mer. Aujourd’hui, cet internat accueille de nombreux jeunes garçons, à partir de 6 ans jusqu’à leur adolescence. Ce film présente le cursus scolaire des nouvelles générations de marins : les enseignements techniques, la navigation, mais également la dimension lyrique du métier que peut de monde ne saurait soupçonner.
Cette oeuvre cinématographique s’inscrit dans les problématiques du festival Altérités par les différentes entrées qu’elle nous propose : l’organisation d’un espace social spécifique, sa complexité, et le rapport sensoriel et émotionnel par lequel la réalisatrice tend à nous le faire découvrir.
Quand la proximité créé l’altérité
Les relations entre les marins-pêcheurs sont un élément central de leur vie quotidienne : par la pratique de leur métier, ils sont amenés à passer énormément de temps ensemble dans des espaces confinés. Le film met alors en lumière la nature de leurs rapports, une sorte de grande famille qui crée un lien communautaire entre ses membres. Même si ces relations évoluent quelquefois vers de l’amitié, cela n’est pas systématiquement le cas. Pourtant, ils ne peuvent nier qu’un certain lien social se tisse entre eux. Il faut vivre ensemble à chaque instant : travailler, dormir, manger… Ces conditions sont parfois dif ficiles à vivre pour les membres d’un équipage, car il faut constamment composer avec les humeurs de chacun. Cela peut créer des tensions qui mènent parfois à une sorte de bizutage. Cet espace social ne peut donc pas se résumer uniquement à l’aspect communautaire. Doit-on alors parler de camaraderie ? De compagnonnage ? Quel que soit le terme pour les désigner, il est certain que ces professionnels maritimes entretiennent entre eux des rapports d’esprits et de corps marqués.
Le milieu scolaire des futurs marins-pêcheurs est spécifique et très codé. L’entrée dans ce monde commence à un âge très jeune pour commencer l’apprentissage d’un métier. Ce fait peut paraître étonnant pour le spectateur non aguerri, et le film nous amène à nous poser certaines questions quant à la présence de jeunes enfants dans ce type d’établissements aux allures quelque peu militaires : sont-ce des orphelins, ou sont-ils inscrits par choix des parents ? Est-ce une question de tradition familiale à perpétuer ? Tant d’interrogations qui révèlent la complexité du rapport entre l’élève, sa vie familiale et son école.
Une identité est attribuée à chaque élève dès leur entrée dans ce nouveau monde : ils seront désormais caractérisés par un numéro, un uniforme, une parure de draps. Ils occupent tous des rangs différents, ce qui structure explicitement les rapports entre eux. Pourtant, malgré ce statut a priori dépersonnalisant, les élèves expriment une certaine complicité les uns envers les autres : ils rient, ils s’entraident, ils se taquinent… Tant de démonstrations affectives qui prouvent que dans cette micro-société fermée (plus par nécessité que par choix), ils ne se considèrent pas comme de simples numéros de matricule.
Enfin, il est intéressant de souligner que cet espace social est un monde exclusivement masculin. En effet, les apparitions du sexe opposé sont très rares, et le choix de la voix off féminine pour illustrer les images forme une sorte de contre-pied avec la communauté qu’elle décrit. Cela crée une certaine distance entre elle et la vie de ces hommes. N’y a-t-il pas de place pour les femmes dans ce milieu ? Dans tous les cas, cette exclusion volontaire renforce d’autant plus le caractère particulier et fermé du monde des marins-pêcheurs, et peut-être aussi la complicité et la camaraderie des individus entre eux : les hommes pour l’amitié et le travail, les femmes pour l’amour et la vie de famille. C’est du moins ce que suggèrent les écritures des journaux de bord quant à leur rapport au féminin, qui se retrouve alors constamment relégué au rôle de la conjointe qui attend le retour de son mari. Cependant, le lyrisme des textes leur est aussi, quelque part, dédié puisqu’il s’adresse directement à elle.
Une transmission des savoirs et des pratiques
Pendant leur formation maritime, les élèves sont amenés à se réapproprier les pratiques et techniques anciennes qui existaient avant le progrès de la technologie. Avant cela, on avait un savoir uniquement empirique de la mer; les anciens marins-pêcheurs racontaient ce qu’ils avaient vu et appris par l’observation et l’analyse de la nature. Il y a une grande place attribuée à la transmission du savoir générationnel à l’école à travers la pratique de la lecture des anciens journaux de bord. Il y a l’idée d’un renouvellement des traditions car cette pratique est toujours d’actualité chez les écoliers. Le journal favorise l’introspection subjective du marin-pêcheur dans la vie au sein de son métier, et peut aussi être appréhendé comme un exutoire. Ce documentaire retranscrit l’importance du journal à travers la lecture du narrateur de plusieurs morceaux de journal. Les techniques d’apprentissage mêlent les savoirs anciens et les nouveaux savoirs, rendus possibles par le progrès technique: depuis toujours, les marins relèvent les coordonnées maritimes sur une carte à l’aide d’un compas et d’une règle et usent de jeux stratégiques pour apprendre à reconnaître les bateaux. Au pensionnat IBIS, ces pratiques sont nécessaires pour que les élèves apprennent le métier. Ils “étudient l’étendue et la profondeur de la mer, combien de temps cela prend de passer d’une vague à une autre, tout ce qu’on trouve sous l’eau, et la façon de trouver toutes ces choses”. Aujourd’hui, le contenu de la formation est complétée grâce aux outils technologiques modernes comme l’utilisation des sonars, des logiciels sur ordinateurs et des simulations en trois dimensions. Ce renouvellement des pratiques anciennes mêlées à la nouveauté représente un temps cyclique : tout comme chaque enfant hérite de l’uniforme de son prédécesseur une fois qu’il devient trop petit, ce qui est abimé est reprisé. Le temps s’arrête mais se renouvelle, c’est la même ambiance que le travail en mer, “comme les cellules du corps meurent et se régénèrent”.
Le journal de bord comme “fil rouge”
Le journal de bord constitue le “fil rouge” du documentaire et déconstruit le stéréotype autour du marin brusque et détaché. Il montre une grande part de sensibilité esthétique et lyrique, c’est le lieu des sentiments personnels qui n’ont pas leurs places à bord. Les marins peuvent écrire leurs émotions, leurs ressentis, leurs questionnements dans le journal, mais aussi dans les lettres à la famille. Ils parlent essentiellement du temps, de leurs conditions de vie, de certains moments de la journée. Ce ne sont pas seulement des matricules inscrits à l’intérieur de leur casquette, mais des individus sensibles avec leurs propres pensées humaines. On encourage les jeunes à tenir un journal pour stimuler leur “intelligence visuelle”, à porter une attention particulière à la nature. Les mouvements physiques de la caméra donnent également un effet esthétique et retranscrivent la sensation d’être sur un bateau, pour immerger le spectateur dans une atmosphère en mouvement tout comme la mer: parfois calme, parfois frénétique. La musique émise par la contrebasse participe en arrière-plan aux mouvements des vagues qui elles, rythment la vie sur le bateau.
L’environnement, le nouvel élément de l’équation
Au début du XXe siècle, le pêcheur était l’équivalent d’un “chasseur” dans un environnement maritime. Depuis, la technologie a pris sa place, et les filets de pêche sont bien plus performants que d’antan. Cependant, les mentalités aussi se voient dans l’obligation d’évoluer car le constat est sans appel : les poissons se font de plus en plus rares.
Le film aborde ce questionnement écologique en le confrontant aux pratiques actuelles de la pêche, et sur leur avenir. Il s’agit d’une préoccupation actuelle, car la pénurie est une conséquence de nos progrès technologiques, de notre société de consommation massive et des industries toujours plus avides de bénéfices.
Cette interrogation pointe essentiellement chez les anciens. Ils sont conscients qu’il est nécessaire et même urgent de changer radicalement nos pratiques si nous voulons garantir un avenir meilleur. Ils se posent des questions sur le classement des espèces protégées, sur les motifs de disparition de certaines dans leurs secteurs de pêche. Mais cette lucidité est mise en tension par un problème de moyens financiers pour eux, qui ont aussi besoin de vivre grâce à leur métier. Dans leurs conversations, nous nous rendons alors compte que les avis sont mitigés : certains regrettent que leur pratique soit si réglementée tandis que d’autres dénoncent le progrès technologique. Ce débat les entraîne inévitablement sur des questionnements politiques : Où ces décisions sont-elles prises ? Qui doit décider du sort des marins-pêcheurs ? L’État, ou la nature ? A-t-on réellement un droit sur les espaces naturels ?
Chez les jeunes apprentis matelots, ces interrogations sont absentes, car leur avis est vite tranché : pour eux, “il faut bien qu’on survive, nous aussi” ou encore “on ne peut pas empêcher, comme ça, les gens de pêcher. […] Parce que c’est leur gagne-pain.” Le rôle du professeur est alors d’adopter, vis-à-vis d’eux, la posture de la méfiance concernant la surpêche. Le dialogue intergénérationnel permet de transmettre ces nouvelles problématiques aux futurs marins-pêcheurs, car ce sont eux qui devront faire face à la pénurie massive des poissons dans les océans.
Ainsi, Une idée de la mer est un film qui documente, certes, sur l’apprentissage des futurs marins-pêcheurs. Le limiter uniquement à cela serait cependant un raccourcis déplacé. En effet, les passages explicatifs sont rythmés par une dimension esthétique prépondérante à travers des plans à la fois dynamiques et contemplatifs de l’horizon, les textes personnels des marins, des tableaux, des photos, etc. Tout ceci dévoilant ainsi au spectateur toute la portée lyrique du quotidien de cette profession, aspect important dont les personnes extérieures n’ont pas spécialement conscience. Le rythme de ce film est également ponctué de manière régulière par des temps, sans commentaires, de complicité entre camarades et collègues. Ainsi, la réalisatrice laisse respirer sa portée documentaire tout en communiquant l’autre dimension incontournable de la profession : le compagnonnage qui se crée dans ce type de contexte, les liens qui se tissent entre chacun, en bref, l’altérité provoquée par le rapprochement d’êtres humains dans un espace social spécifique.

17h45 : Rencontre avec Thomas Lefrançois, Enquêteur pêche de la Cellule de Suivi du Littoral Normand (sous réserve).
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Mirr de Mehdi Sahebi http://2021.festivalalterites.com/mirr-de-mehdi-sahebi/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=mirr-de-mehdi-sahebi Sun, 12 Jan 2020 16:54:40 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2407 Jeudi 12 Mars 2020 – 20h30 – Cinéma LUX

Suisse, Cambodge | 2016 | 91mn | Vostfr | Mehdi Sahebi

Au Cambodge, Binchey, agriculteur traditionnel de la province du Mondolkiri a été expulsé de ses terres, comme des milliers d’autres petits paysans. Il se sent impuissant face aux grandes plantations d’hévéas étrangères qui accaparent une part toujours plus importante de la surface du pays. Le réalisateur Mehdi Sahebi met en scène, avec Binchey et d’autres cultivateurs, l’histoire de cette dépossession qui a des conséquences dramatiques.

  • 2017 : Festival International Jean Rouch – Voir autrement le monde – Paris (France) – Prix Monde en Regards & Prix Bartók
  • 2017 : Cinéma Vérité – Iran International Documentary Film Festival – Teheran (Iran) – Compétition internationale
  • 2017 : IFFI – Internationales Film Festival Innsbruck – Innsbruck (Autriche) – Best International Documentary
  • 2017 : Lisbon International Film Award – Lisbonne (Portugal) – Best Feature Film, Best Documentary, Best Director, Best Music
  • 2017 : Solothurner Filmtage – Journées du Soleure – Solothurn (Suisse) – Nomination
 
22h15 : rencontre avec Fiore Longo, directrice de Survival international
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Jikoo – La chose espérée d’Adrien Camus et Christophe Leroy http://2021.festivalalterites.com/jikoo-la-chose-esperee-dadrien-camus-et-christophe-leroy/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=jikoo-la-chose-esperee-dadrien-camus-et-christophe-leroy Sat, 11 Jan 2020 14:09:22 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2427 Vendredi 13 Mars 2020 – 14h00 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville

France | 2014 | 52mn | DVcam | Vostfr | Adrien Camus et Christophe Leroy

Les habitants de Bakadadji, village d’un parc national du Sénégal, cherchent à se faire financer des clôtures pour défendre leurs champs des animaux protégés qui ruinent leur récolte. Ces agriculteurs revendiquent la reconnaissance de leur mode de vie rural. Immergé dans le quotidien du village, ce film parle d’une rencontre qui n’aura pas lieu et, en creux, du regard que porte notre époque sur un monde paysan qui peine à faire entendre sa voix.

  • 2015 : Festival international du film d’environnement de Paris (FIFE) – Paris (France) – Compétition
  • 2015 : Millenium – Festival international du documentaire – Bruxelles (Belgique) – Panorama « Connaître l’Autre
  • 2014 : Images en bibliothèques – Paris (France) – Film soutenu par la Commission nationale de sélection des médiathèques
  • 2014 : Traces de Vies – Clermont-Ferrand (France) – Sélection
  • 2014 : Festival International Jean Rouch – Paris (France) – Prix Anthropologie et développement durable
  • 2014 : Caméras des champs – Festival international du film documentaire sur la ruralité – Ville-sur-Yron (France) – Grand Prix du jury
 
15h00 Rencontre avec Laurent Pellé, Délégué général du festival International Jean Rouch et membre du Comité du film ethnographique.
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Les tourmentes de Pierre-Yves Vandeweerd http://2021.festivalalterites.com/les-tourmentes/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-tourmentes Fri, 10 Jan 2020 10:31:32 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2478 Vendredi 13 Mars 2020 – 20h30 – Cinéma LUX

Belgique, France | 2013 | 77 mn | 16mm & super 8mm | Pierre-Yves Vandeweerd

La tourmente est une tempête de neige qui désoriente et égare. Elle est aussi le nom donné à une mélancolie provoquée par la dureté et la longueur des hivers. Là où souffle la tourmente, des hommes érigèrent des clochers pour rappeler les égarés. Et des bergers, au gré de leurs transhumances, usèrent de leurs troupeaux pour invoquer des âmes perdues ou oubliées. Guidé par les sonnailles d’un troupeau et par les évocations des « égarés », ce film est une traversée des tourmentes ; celles des montagnes et de l’hiver, des corps et des âmes, celles qui nous révèlent que ce que la nature ne peut obtenir de notre raison, elle l’obtient de notre folie.

  • 2015 : Scam – Paris (France) – Prix de l’œuvre de l’année
  • 2014 : Images en bibliothèques – Paris (France) – Film soutenu par la Commission nationale de sélection des médiathèques
  • 2014 : Festival dei Popoli – Firenze (Italie) – Compétition Internationale
  • 2014 : RIDM – Rencontres internationales du documentaire de Montréal – Montréal (Canada) – Prix Image de la compétition internationale longs métrages
  • 2014 : Festival International Jean Rouch – Paris (France) – Compétition Internationale
  • 2014 : Visions du réel – Nyon (Suisse) – Mention spéciale
 
21h50 Rencontre avec Pierre-Yves Vandeweerd, cinéaste belge, animée par Youri Deschamps, directeur de publication et rédacteur en chef de la revue Eclipses depuis 1994.
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Hélène Robert et Jérémy Perrin http://2021.festivalalterites.com/helene-robert-et-jeremy-perrin/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=helene-robert-et-jeremy-perrin Sun, 05 Jan 2020 22:10:45 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2638 Mardi 10 Mars 2020 – 22h00 – Cinéma LUX – Rencontre

Hélène Robert est diplômée des Beaux-Arts. Photographe documentaire, elle collabore avec la presse écrite et l’édition. Son travail de l’image investit différents champs du réel, comme des surveillants de prisons, des vierges consacrées ou des chasseurs corses.

Jeremy Perrin est formé en sciences politiques. Il se forge à l’écriture au sein de projets culturels et produit notamment une série radiophonique sur la nouvelle scène jazz.

20h45 Projection du film Brise-Lames
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Romain Simenel http://2021.festivalalterites.com/romain-simenel/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=romain-simenel Sun, 05 Jan 2020 22:00:00 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2363 Jeudi 12 Mars 2020 – 15h15 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – Rencontre

Ethnologue/Anthropologue, chercheur à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Romain Simenel s’intéresse à deux piliers de la reproduction des sociétés humaines et de leurs cultures : la capacité à faire de l’étranger l’un des siens et la capacité d’apprentissage entre enfants. Dans le cadre de sa thèse, il vécut deux ans dans les montagnes de l’arrière-pays de Sidi Ifni dans le Sud du Maroc, chez les Aït Ba’amran. Le fruit de ce premier travail est réuni dans son ouvrage L’origine est aux frontières paru aux éditions du CNRS. En 2009, il reçoit un financement de la Fondation Fyssen pour diriger un groupe de recherche sur la thématique « Communiquer avec la Nature pour apprendre sa Culture ». Actuellement en poste au laboratoire Paloc de l’IRD et du MNHN, ses multiples terrains au Maroc et en Inde lui permettent progressivement de construire une anthropologie de la transmission par delà nature et culture.

Le rôle des plantes et des animaux dans l’apprentissage culturel des enfants.

«Mes recherches de terrain au Maroc ont pour vocation de replacer la question de l’apprentissage culturel dans le champ de l’expérience sensible de l’environnement végétal et animal. Dans de nombreux collectifs humains et selon différentes traditions d’enseignement, les enfants s’inspirent des caractéristiques des plantes et des animaux qu’ils découvrent à leur contact pour apprendre leur culture. En quoi l’expérience sensible du monde des plantes et des animaux stimule-t-elle l’apprentissage culturel et le développement des compétences intellectuelles telles celles relatives à la communication orale, à l’écriture, aux mathématiques, à la musique…? Quelles sont les ressources émotionnelles et imaginatives gagnées lors de ces relations aux autres existants qui participent à l’émergence de notre intelligence et, comment cet apport génère-t-il en nous un lien empathique à leur égard ? Cette présentation répondra à ces questions à partir de la comparaison de plusieurs pédagogies de par le monde et l’histoire, des écoles buissonnières du XVIIIe siècle en Europe à celles contemporaines des enfants bergers marocains, qui ont su englober la dimension environnementale.»

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A young girl showing how to play with the buttercup flower – Jeune fille montrant comment jouer avec un bouton d’or
© Maxence Bailly 2018
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Two young sheperd and a dog in Atlas Moutain (Morocco) – Deux jeunes bergers et un chien dans les montagnes de l’Altas (Maroc)
© Romain Simenel 2010
Figure-6-Young-students-wearing-vegetals-in-south-of-France---@Romain-Simenel-2018
Young students wearing vegetals in south of France – Jeunes écoliers vêtus de végétaux dans le sud de la France
© Romain Simenel 2018
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Les Graines de deux’main http://2021.festivalalterites.com/les-graines-de-deuxmain/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-graines-de-deuxmain Sun, 05 Jan 2020 21:00:10 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2373 Jeudi 12 Mars 2020 – 16h15 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville

L’association « Les Graines de deux’main » située près de Bayeux propose des ateliers nature, destinés aux enfants de 4 à 12 ans, au cœur d’un jardin maraîcher, sur le thème du jardinage, de la cuisine, de l’art, de la sensibilisation à l’écologie et à la bienveillance envers autrui.

graines de deux'main
© Aurélien Marie
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Thomas Lefrançois http://2021.festivalalterites.com/thomas-lefrancois/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=thomas-lefrancois Sun, 05 Jan 2020 20:00:58 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2398 Jeudi 12 Mars 2020 – 17h45 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – Rencontre

Enquêteur pêche de la Cellule de Suivi du Littoral Normand (sous réserve).

 

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Apéronews de radio 666 http://2021.festivalalterites.com/aperonews-de-radio-666/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=aperonews-de-radio-666 Sun, 05 Jan 2020 18:00:50 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=1997 Jeudi 12 mars 2020 – 18h00 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville

L’émission Les apéronews de radio 666 sera en direct et en public dans le hall de la Bibliothèque Alexis de Tocqueville avec de 18h00 à 19h00 l’interview des invités du festival.

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Fiore Longo http://2021.festivalalterites.com/fiore-longo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=fiore-longo Sun, 05 Jan 2020 17:21:29 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2419 Jeudi 12 Mars 2020 – 22h15 – Cinéma LUX – Rencontre

SURVIVAL INTERNATIONAL est le mouvement mondial pour les peuples autochtones. ONG créée en 1969, son objet est la défense des droits des peuples autochtones par des campagnes d’opinion, en s’appuyant sur l’éducation, les campagnes et la recherche et en relayant la parole des peuples indigènes dans le monde, en lien étroit avec les organisations indigènes locales.

Fiore Longo est responsable de recherche et de plaidoyer à Survival International, le mouvement mondial pour les peuples autochtones. Elle est également directrice de Survival International France. Dans le cadre de son Master en anthropologie culturelle, elle a travaillé sur le terrain avec le peuple autochtone Mapuche au Chili. Elle coordonne la campagne Gardiens de la Nature de Survival et s’est rendue dans de nombreuses communautés en Afrique et en Asie qui sont confrontées à des violations des droits humains au nom de la conservation. Elle s’est aussi rendue dans des communautés autochtones de Colombie et travaille dans la campagne des Peuples Non Contactés de Survival.

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Céline Valadeau http://2021.festivalalterites.com/celine-valadeau/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=celine-valadeau Sat, 04 Jan 2020 11:24:28 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2777 Vendredi 13 Mars 2020 – 15h30 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – table ronde

Céline Valadeau est ethnobotaniste et anthropologue. Elle s’intéresse à la vie des plantes telles qu’elle est perçue dans certaines populations sud-américaines. Suite à plusieurs longs séjours en Amazonie, les outils qu’elle a convoqués sont ceux des méthodes ethnobotaniques et ethnographiques. Ses travaux abordent ainsi les relations qu’entretiennent les groupes sociaux avec ses végétaux. Son intérêt pour la place des hommes dans le monde lui a également permis de questionner la thématique de la dynamique de transformation des savoirs naturalistes et des mécanismes représentationnels de la pensée sociale.

Membre de l’IFEA (UMIFRE 17 / CNRS USR 3337) depuis 2008, elle a principalement travaillé en haute Amazonie péruvienne et au sein des basses terres colombiennes, tout en collaborant également à des enseignements universitaires et à des projets de valorisation de la recherche tel que la reconstitution in situ de l’expédition botanique de la Commission Chorographique de 1853.

Collecte-de-plantes-©Vincent-Jacob
collecte de plantes ©Vincent-Jacob
collecte-d'information-©Vincent-Jacob
Collecte d’information ©Vincent Jacob
Récolte-de-remède-contre-les-blessures-©Céline-valadeau
Récolte de remède contre les blessures ©Céline valadeau
Table ronde : Des ethnologues et des plantes – A la découverte de l’ethnobotanique
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Pauline Mayer http://2021.festivalalterites.com/pauline-mayer/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=pauline-mayer Sat, 04 Jan 2020 11:23:53 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=3671 Vendredi 13 Mars 2020 – 15h30 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – table ronde

Pauline Mayer est ethno-botaniste au Conservatoire méditerranéen partagé et anthropologue. Elle a notamment travaillé sur les nouveaux usages alimentaires des plantes sauvages en Provence. Depuis 2016, elle mène des recherches appliquées sur les variétés fruitières locales. Elle témoignera de la manière dont, dans certaines zones rurales françaises, des acteurs locaux s’emploient, par le biais de l’ethnobotanique, à rechercher dans les savoirs et les savoir-faire anciens des ressources pour l’agriculture de demain.

https://conservatoire-partage.org/

@Marc Doussière

 

Table ronde : Des ethnologues et des plantes – A la découverte de l’ethnobotanique
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Isabelle Laban-Dal Canto http://2021.festivalalterites.com/isabelle-laban-dal-canto/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=isabelle-laban-dal-canto Sat, 04 Jan 2020 11:20:00 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2784 Vendredi 13 Mars 2020 – 15h30 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – table ronde

Née en 1967 à Schoelcher en Martinique.

Elle fait des études de Lettres Modernes, achevées en 1999 par la soutenance d’une thèse sur le poète baroque Théophile de Viau. Pendant son travail de thèse, elle enseigne la Littérature française à l’Université de Provence, à Aix-en-Provence.
Elle enseigne ensuite le français en collège, et se spécialise en FLE (français langue étrangère) auprès des jeunes migrants récemment scolarisés en France.
Dans le même temps, elle travaille à la collection Lambert, à Avignon, à la production de contenus pédagogiques sur les expositions d’art contemporain à destination du public scolaire.
Elle devient enfin conservatrice du patrimoine et, après une formation à l’INP de Paris, elle prend la direction du musée de Salagon à Mane, spécialisé en ethnologie rurale et en ethnobotanique. Elle y développe depuis 5 ans un projet interdisciplinaire qui permet d’étudier et de partager le devenir d’un territoire rural en pleine mutation.

http://www.musee-de-salagon.com/

musée de Salagon à Mane
Musée de Salagon à Mane
Table ronde : Des ethnologues et des plantes – A la découverte de l’ethnobotanique
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Guillaume Haelewyn http://2021.festivalalterites.com/guillaume-haelewyn/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=guillaume-haelewyn Sat, 04 Jan 2020 10:05:13 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2468 Vendredi 13 Mars 2020 – 17h10 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – rencontre

«Originaire de Commes dans le Calvados, j’ai suivi des études d’ingénieur agronome à l’Ecole Supérieur d’Agricultures d’Angers. Diplômé du master European Animal Management et de l’Université de Wageningen au Pays-Bas, j’ai travaillé en Inde pendant 10 mois, d’abord sur un projet sociologique dans une coopérative de production de soie dans l’Himalaya puis dans le Tamil Nadu pour une filiale de Lactalis. J’ai ensuite œuvré au développement d’une filière de collecte et transformation de colostrum bovin pour Laïta dans le Finistère pendant un an avant de revenir en Normandie après un bouleversement majeur dans ma vie (perte de ma fiancée dans un accident de voiture). Je suis ensuite parti en pèlerinage jusqu’à Saint Jacques de Compostelle pour réfléchir sur le sens de ma vie avant de revenir créer une ferme agro-écologique dans mon village natal. Installé en tant qu’agriculteur bio depuis juillet 2017, je prends soin des 2.5 ha que je cultive et oeuvre au quotidien pour rendre mes salariés, mon entourage et toute la communauté autour du Jardin de deux’main heureux, première source de mon bonheur personnel.»

18h00 Dégustation de légumes du Jardin de deux’main
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© Aurélien Marie
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© Aurélien Marie
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Pierre-Yves Vandeweerd http://2021.festivalalterites.com/pierre-yves-vandeweerd/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=pierre-yves-vandeweerd Sat, 04 Jan 2020 09:30:05 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2737 Vendredi 13 Mars 2020 – 21h50 – Cinéma LUX – rencontre

Pierre-Yves Vandeweerd est un cinéaste belge. Devenu cinéaste après des études en Anthropologie et Civilisations africaines, ses films s’inscrivent dans le cinéma du réel et ont été tournés dans plusieurs régions du monde : en Mauritanie (Némadis, des années sans nouvelles / Racines lointaines / Le cercle des noyés), au Sahara occidental (Les dormants / Territoire perdu), au Soudan (Closed district), en France sur les Monts Lozère (Les tourmentes). Son dernier film, Les éternels a été réalisé en Arménie et au Haut-Karabagh.

Tournés pour la plupart en pellicule 16 et super 8 mm, ses documentaires réunissent, par un geste cinématographique poétique, des guerres et des destins oubliés, les limites de la raison, la condition humaine. Ils résonnent comme autant d’incursions aux confins du réel.

Depuis 2018, il est professeur à la Haute École d’Arts et de Design de Genève (HEAD) – Département Cinéma et est responsable pédagogique de la 3ème année Bachelor.

http://www.pierreyvesvandeweerd.com/

20h30 : Projection du film Les tourmentes
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Youri Deschamps http://2021.festivalalterites.com/youri-deschamps/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=youri-deschamps Sat, 04 Jan 2020 09:24:45 +0000 http://localhost/festival_2019/?p=1161 Vendredi 13 Mars 2020 – 21h50 – Cinéma  LUX

Critique de cinéma et directeur de publication et rédacteur en chef de la revue Eclipses depuis 1994. Par ailleurs, il collabore ponctuellement à plusieurs autres revues et collections d’ouvrages sur le cinéma (dont Positif, Trafic et Cinémaction). Auteur de plus d’une centaine d’articles, conférencier et animateur de ciné-clubs depuis plusieurs années, il intervient également comme formateur et rédacteur de livrets d’analyse filmique dans le cadre des différents dispositifs nationaux d’éducation à l’image. Il est aussi l’auteur de Henri-Georges Clouzot, L’oeuvre au noir, Eclipses 2017/60.

  • DESCHAMPS Youri (dir.), Henri-Georges Clouzot, L’oeuvre au noir, Eclipses 2017/60.
21h50 : Rencontre avec Pierre-Yves Vandeweerd, animée par Youri Deschamps
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Corto Fajal http://2021.festivalalterites.com/corto-fajal/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=corto-fajal Sat, 04 Jan 2020 09:21:32 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2753 Samedi 14 Mars 2020 – 15h15 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – rencontre

« J’ai une prédilection pour la réalisation de films mettant en valeur notre environnement naturel, les grands espaces et m’ouvrant à des rencontres et des expériences enrichissantes. Plus qu’un objectif en soi, faire des films représente un moyen de partager et découvrir la vie de gens extraordinaire qui sont souvent des « éclaireurs » et des sources d’inspiration, et de transmettre ensuite cette expérience. Chaque film est une aventure humaine »

14h00 : Projection du film Jon face aux vents
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Guillaume Lebaudy http://2021.festivalalterites.com/guillaume-lebaudy/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=guillaume-lebaudy Fri, 03 Jan 2020 15:14:09 +0000 http://2021.festivalalterites.com/?p=2515 Samedi 14 Mars 2020 – 16h15 – Bibliothèque Alexis de Tocqueville – rencontre

Guillaume Lebaudy est ethnologue, docteur en anthropologie sociale (École des hautes études en sciences sociales, Laboratoire d’anthropologie sociale, Paris), chercheur associé à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (Idemec, CNRS, Aix-Marseille Université).
Il oriente principalement ses travaux sur les modes de patrimonialisation du monde rural, la relation hommes-animaux, la dimension sonore du pastoralisme et l’expression graphique des bergers.
Il est l’auteur de plusieurs publications scientifiques sur les cultures pastorales et sur la transhumance. Depuis 2001 il écrit régulièrement des articles et chroniques dans L’Alpe, revue trimestrielle sur les cultures et patrimoines de l’Europe alpine. Il est directeur de la collection Hors les drailles chez Cardère et contribue régulièrement à la Cinémathèque d’images de montagne.
Il collabore avec des musées, des écomusées, des centres d’interprétation (il a dirigé la Maison du berger de 2011 à 2017), des espaces protégés (parcs), des associations et des services pastoraux pour des enquêtes de terrain, des expositions et des publications en France et en Italie. Il est membre des conseils scientifiques du musée départemental d’ethnologie de Haute-Provence (Salagon), de Causses et Cévennes (organisme gestionnaire du bien territorial classé au patrimoine mondial de l’Unesco) et de L’Alpe.

«Mon grand-père élevait des vaches normandes. Le sort fait aux paysans m’interroge. Depuis plus de vingt ans, je travaille avec des éleveurs et bergers d’ovins dans les Alpes et en Provence. Deux métiers en équilibre précaire dont j’observe les transformations et la façon dont ils fabriquent une culture pastorale faite de ruse et de mobilité. Je les ai suivis dans leurs transhumances, en estive dans les alpages, ainsi que l’hiver dans les plaines et collines du littoral pour décrire et comprendre leur mode de vie.»

Ethnologue en alpage
© E. Breteau
Berger en alpage
© Valbonnais
Soin d’une brebis
© G. Lebaudy

Portrait de Guillaume Lebaudy

 
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